17.02.2009
Haute tension sur l'ESB
Branle bas de combat !!!! le réveil vient de sonner. 7h32. A peine 2h30 de sommeil. Je déambule jusqu'à la salle de bain, allume mécaniquement la lumière et tente tant bien que mal de me reconnaître dans la glace. Mes yeux sont enfoncés sous mes paupières gonflées qui refusent obstinément de s’ouvrir malgré les ordres de mon cerveau. Je prend le temps d’une respiration et me force à mettre un pieds dans la baignoire pour prendre une douche qui devrait me réveiller. Je lutte, tout comme je lutte pour prendre mon café, la chaleur va-t-elle me décoller les paupières autant de questions fondamentales qui traversent mon cerveau à cette heure là de la journée. J’allume la télé et me branche sur i>télé. Bien il interroge un homme politique, qui déblatère toujours autant de mauvaise fois, je commence à soupirer quand le type entame sa réponse par un « Vous savez … » , je souhaiterai que le journaliste lui dise non on ne sais pas mais vous aller nous l’apprendre. Je lutte pour pas m’allonger dans la canapé sinon je me relève plus. Je jette une pastille de guronsant dans un verre, histoire d’être au top dans une heure…
8h25, je gare ma moto et vais à l’accueil, pour retrouver mes collègues, on a tous la même tête, fatigué par la nuit. On se salue d’un air complice et solidaire, quelque chose avait soudé l’équipe pendant la nuit.
Marise la responsable du projet coté client, nous accueille et nous emmène dans la salle de test. Sans un mot le groupe se sépare d’un coté les spécialistes de l’administration des serveurs pour procéder à l’installation, le reste devant les stations de test et les écrans de supervision… nous sommes venus en force nous soutenir les uns les autres, les chances de réussites sont minimes…
Coup de fils d’Apollo 13, ici Patrick : je commence l’installation…
A Houston, le plateau de supervision, on essaye de détendre l’atmosphère, mais ils ne veulent pas rigoler en face…
Je fais une petite blague sur la couleur des murs de la salle qui possède un magnifique marron année 70 très en harmonie avec les écrans à tube cathodique vert qu’ils ont conservés dans un coin de la pièce. Je demande à Marise s’ils comptent faire un musé. Mais cette dernière rétorque froidement que toutes les blagues seront les bienvenues après installation du bignoux et qu’après elle sera prête avec son équipe à sabrer le champagne… au lieu de notre tête rajoute elle en rigolant…
2h30 plus tard, coup de fils d’Apollo 13, le bébé a été déposé avec succès, vous pouvez commencer les tests.
Un moteur spécialement prévu pour l’occasion commence à titiller la bête, dans le but de savoir ce qu’elle a dans le ventre.
2h50, gros moment d’inquiétude, les résultats sont ahurissants… les temps de réponses sont dix fois plus importants que nos propres tests. Ca sent la déroute. Je contacte Patrick, pour savoir s’il n’y a pas de problèmes sur le serveur, mais non tout est normal.
Je me vois déjà reconverti dans le blues à chanter dans les champs de coton le jour ou tout a dérapé.
Mais manifestement les ralentissements se constatent sur toute la plate forme, bientôt les utilisateurs harcèlent la cellule d’exploitation.
On s’interroge.
Marise a disparu du plateau, pas de nouvelles, je tente de m’informer mais personne ne sait ce qui se trame.
Voila notre responsable qui refait surface.
« Bon l’installation et les tests sont repoussés à la semaine prochaine, notre réseau vient de tomber… »
Nous contenons tous notre joie et saluons Marise en lui mentionnant que nous regrettons bien de ne pas avoir pu procéder aux testes.
Sauver par une intervention divine, il y aurait pas un dieu pour les geek ?
22:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.02.2009
Haute tension sur l’ESB
Le couperet vient de tomber, si la solution n’est pas trouvée Nite Corp se tapera des pénalités de retard.
Ca fait mal. Surtout que le consultant en charge du développement sort de son stage de fin d’étude. Le problème est complexe. Le client depuis 6 mois se plaint de dysfonctionnements, de ralentissements inopinés, de temps de réponse dégradés. Rien de nouveau, sauf que là le client en a marre, marre, marre a-t-il dit trois fois au téléphone. « Miss Ségolene a tapé des point sur la table : j’ai été voir les utilisateurs, on en a marre !! » Donc tout le monde est sur le pont, seniors, les juniors, les cadors, chacun a enfilé son casque et s’apprête à éteindre l’incendie.
Demain c’est la grande installation, on a pas droit au raté, sinon il va pleuvoir des claques. Le développeur a déjà prévu la biaphine et prépare son évacuation par hélico chez les grands brûlés.
L’ESB l’entreprise service bus, un autre gros mot du monde IT, fait des siennes ou plutôt est ce l’environnement qui joue des siennes depuis 17 heures, tous les warning sont au rouge. La mémoire et la CPU plafonne à 100% et donne des temps de réponse de 15 secondes, pour seulement une 50 aines de connexions par seconde alors qu’il doit fonctionné à plein pour 5000 connexions par secondes et répondre en 2 secondes max.
On est loin du résultat et vu le comportement des serveurs, cela parait sans espoir. En plus l’éditeur est injoignable. Forcement, on commence les tests de charge la veille de la livraison et il est déjà 17h30, il ne faudra pas compté sur lui.
Allo Houston on a un problème, c’est un peu l’ambiance qui régnait dans le bureau avec tous les spécialistes de la boite réunis, pour résoudre le problème, chacun derrière ses pupitres de contrôles.
Chaque tentative, chaque réglage se solde par un échec. Pis suite à un réglage de dernière minute plus rien ne fonctionne. C’est le gros coup de sueur et il est 2h15 du matin. La fatigue n’aide pas à la réflexion, malgré les appels au calme.
Le patron se tient lui-même informé de l’évolution et appelle régulièrement pour faire un point. Il s’est réunit avec une cellule de crise comportant le middle manager, le juriste et le commerciale pour monter un plan B et trouver une sortie de secours.
4h du mat toujours aucune solution de trouver. De toute façon à moins d’un miracle, tous les cerveaux sont en rades, il sont carburés pendant 8 heures non stop et commencent a donner des signes de fatigue.
Un dernier coup de fils du big boss, Clive réceptionne le coup de fils… « chut c’est le boss… je met le haut parleur »
« Bon et bien bonjour à tous… » bien vu, il est déjà 5h30. Une grande respiration, le silence est à son comble dans la sale, les indicateurs toujours au rouge.
« Mes chers compatriotes, » Il a fait mouche, tout le monde dans la salle a redressé la poitrine tel un soldat.
« Cette nuit s’achève. Elle a été rude.
C’est la raison pour laquelle je veux penser d’abord à ceux que la vie a durement éprouvés, à ceux qui vont perdre leur emploi sans y être pour quoi que ce soit, à ceux qui sont victimes d’injustice. Les difficultés, mes chers compatriotes, nous avons les moyens de les affronter. Cette crise est une épreuve. Elle est aussi un défi. Ce défi là, je veux le relever avec vous. Vous pouvez compter sur moi. Nous avons des atouts considérables. Il y a dans nite corp assez d’énergie, d’intelligence et de courage pour que nous ayons ensemble confiance dans l’avenir. Nous allons sortir renforcés de cette crise.
Demain, nous irons ensemble au front, livré ce produit quoi qu’il en coûte
Vive la République,
vive la France
Vive Nite corp. »
Standing ovation dans la salle, clive en pleur presque d’émotion, j’ai la sensation moi même d’avoir vécu un grand moment de l’histoire.
Sur ce tous le monde range ses affaires et file chez lui pour dormir quelques heures avant de se pointer à 8h30 chez le client.
13:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.02.2009
Perdu dans l'espace
Je bosse actuellement sur une mission de datatracking, ça y est vous vous dites encore un gros mot. Il n’y a que quelques spécialistes en France à connaître ces méthodes dont votre serviteur. Je ne vais pas vous décrire la méthode, relativement complexe mais dans ce cadre là, nous passons par une description des flux informationnels entre les applications et les organisations. La première étape consiste à s’assurer que les informations entre nos mains sont fiables et d’actualité. Nous nous dépêchons de prendre contact avec les différents interlocuteurs de chacune des applications concernées par l’étude dont monsieur Jean-Louis.
Premier contact, je sort la cartographie de flux et m’adresse au responsable MOA de l’application, la personne étant désignée comme la plus à même de nous donner des réponses.
Les discussions vont bon train, puis je lui désigne un flux qui parait le surprendre. Il fronce les sourcils : « qu’est ce c’est que ça ? »
« Le mot flux (du latin 'fluxus', écoulement) désigne en général un ensemble d'éléments d’informations de données évoluant dans un sens commun. Un flux peut donc être entendu comme un déplacement caractérisé par une origine, une destination et un trajet. » précisais-je ironiquement en remerciant wikipédia.
« non mais ce flux, il existe plus… ou du moins on s’en sert pas »
« si ce flux existe, il est encore en exploitation, nous avons eu l’information hier après midi auprès des équipes » insistais-je.
Jean-Louis prend son téléphone et appelle l’exploitation pour confirmer ses dires : « Moui, halo, Jean-Louis au téléphone pourrais parler à Jean-Etienne… il est absent… bon et bien passez moi Jean-luc …
[oui dans cette boite, leur prénom commencent tous par Jean]
Oui halo Jean-Luc, je souhaiterais avoir confirmation d’une infos, le flux F320 concernant le CRM et le modèle mathématique n’est plus en exploitation… »
Jean-luc : « Si il est en exploitation, d’ailleurs comme le traitement pour la création du flux prenait trop de temps nous avons du racheter des serveurs , cette Jean-Charles a été appelé à 3h pour rebooter les serveurs et que le flux parte dans votre application en temps et en heure. Cette année on a investit 150 000 Euros pour modifier les infra et maintenir le flux … pourquoi cette question ? »
Je vois Jean-Etienne serré le haut de son nez entre le deux doigts et fermer les yeux pour reprendre sa respiration.
Puis il ajoute : « Ca fait deux ans qu’on a signalé que l’on avait plus besoin de ce flux… »
J’ai envie de me lever et de mettre ma main sur son épaule par compassion : « ça va aller … », mais un rire intérieur m’en empêche, va savoir pourquoi.
13:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.02.2009
c'est beau un coucher de soleil en des tours
Je traînais dans les couloirs de nite corp, et bise une ou deux minettes qui avait échoué ici entant que consultant, je rappelle le triste score pour les mecs célibataires : 95% de mecs. J’en croise une au bord de l’asphyxie, Lunabelle. Elle crispe, rouspette, peste, colère, elle est au bord des larmes. Le client doit lui en fait voir des belles à Lunabelle. Ca craque, ça craque pas, ça craque ?
« ça pas l’air d’aller ? » m'enquirais-je.
« non j’en peux plus, je dois rendre pour demain matin 8h30, le catalogue des applications et le client n’a rien foutu… et j’attends encore un dernier input, il est déjà 19h, je me vois encore à taffer jusqu'à deux heures du mat … ras le cul de ce boulot de merde, ras le cul de cette mission de merde»
ça y est là. ça craque, pensait je emphatiquement…
Je la prends dans mes bras, un consultant sénior se doit de rassurer ses nouvelles collaboratrices.
« mais tu sais, le boulot de consultant,
ce n’est pas que la pression énorme du boulot
ce n’est pas que des heures sup sans aucunes reconnaissances
ce n’est pas que des missions ou tu te fait traiter comme une merde par les clients
et ou quand tu te plaints tu te fait déchirer par Simson
le boulot de consultant, ce n’est pas que du stress,
ni des malaises à 45 ans,
ce n’est pas que de la fatigue ou dormir 4 h par nuit les yeux ouverts par l’angoisse du lendemain,
ce n’est pas partir au boulot la peur au ventre…
non ce n’est pas que tout ça…
Etre consultant, ce sont les magnifiques couchers de soleil à 21h en haut des tours de la défense
Ce sont ces heures de convivialité entre consultants autour d’une pizza le soir pour terminer le projet.
Ce sont ses crises de rire à 3 heures du mat, lorsque un petit farceur débranche le serveur de test à l’énième tentative d’import de données …
Enfin, c’est le silence de la nuit qui s’installe dans les bureaux vers 23h, et les milliers de lumière des bureaux de la Défense qui illuminent l’espace comme autant d’étoiles…
Et là on se sent privilégié …
15:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.02.2009
Il y a toujours un Bennett pour nous faire rire !
Je le vois Nanard avec son bonnet !!! l’air souriant, il est a fond Nanard, il sent déjà l’air vivifiant de la montagne fouetter son visage, il a déjà repris des couleurs. J’en viens à me demander si c’est Paris ou le boulot qui lui donne cet air si morose. Je l’imagine sur la piste en chasse neige avec son bonnet surmonté d’un pompon en laine dernier cri… durant les années 70 ! , son anorak rouge et gris et ses gants verts émeraudes, skiant légèrement sur l’arrière, prenant tout l’espace de la piste, virant à deux à l’heure sur la piste verte et se faisant engueulé par les snowboarders qu’il a malencontreusement poussé dans le ravin.
Mais, il n’a pas seulement son bonnet, je constate qu’il se ballade même avec son blouson de ski. Je le crois pas je réalise qu’il a fonctionné à fond. Me relevant, je lui demande s'il est prêt pour ce WE de folie. Et comment il est prêt ! Il est parti ce midi chercher ses skis chez son frère à Gonnesse. Ca lui a pris deux heures, hier il a travaillé jusqu'à trois heures du matin pour justement se libérer du temps ce midi et finir son travail avant le WE. Merde le con, il me ferait presque culpabilisé, j’ai dis presque.
Je l'accompagne dans son bureau. « Et tes skis ? » lui dis-je étonné. Il n'a pas amené que les skis, mais aussi ses chaussures, son casque, son gros sac avec sa combinaison Northpole en gorthex résistant à -40. Bref, il a amené tout son barda, le pauvre. En discutant avec lui, je m’aperçois que le ski c’est sa passion. En fait Nanard investit tout son argent dans le ski, ça fait des années qu’il part à Tigne pour une semaine de descente none stop. Voilà qu’il me montre son matériel vachement fier. Il est méconnaissable lorsqu’il parle de ses skis, il peut en disserté, faire des commentaires pendant des heures :
« Tu vois avant j’avais des skis semi-paraboliques, ça se sont des paraboliques, ils ont été confectionnés sur la base du modèle des skis de Luc Alphan lorsqu’il a gagné la coupe du monde. ce sont des skis en polycarbon (ate de soude songait-je, mais non), ils sont ultra légé avec une structure en titan. Tu vois là ce sont des stabilisateurs me dit il en me montrant une tige en métal que j’avais pris pour une décoration, ça te fait prendre 4 secondes sur un slalom géant… »
Puis il passe à ses chaussures, du dernier cri. Nous, on s’emmerde toujours à se plier en deux pour mettre ses pieds dans la chaussure et forcer comme un malade jusqu'à s’éreinter totalement, puis à resserrer la chaussure avec les 4 boucles en acier qui vont nous claquer les doigts. Quand tu réussis à mettre les deux, tu as sué comme un calendos en plein soleil et t’es crevé avec les doigts tout bleu. Mais lui non, ses chaussures sont super perfectionnées, elles feraient presque le café. La chaussure s’ouvre en deux et se referme par une seule molette sur l’arrière ! En plus dit il le chausson a été moulé à son pieds, ce dernier ne gonflera pas au bout de dix minutes ni même aura les brûlures des chaussettes.
Quant à son blouson est très sophistiqué, il possède un recycleur d’eau qui absorbe la transpiration et la distille en Whisky au cas ou t’aurais besoin d’un petit remontant par –35 en plein milieu du pole sud. C’est l’arme absolue pour partir en guerre contre le froid.
Il est intarissable sur le sujet, le voilà qu’il m’explique les indicateurs de performance du tissu, indice d’absorption de 15 000, indice de respiration de 12 000, indice de pénétration, indice de consommation …
En fait Nanard, c’est le cador des pistes de ski, il est bardé de médailles comme un général, déjà petit il empile les décorations : chamois d’or, flèches d’or, fusées d’or, meuniertu d’or…Nanard, il enchaîne, pas de repos pour les guerriers de la piste, levé 6h30, ouverture des pistes, fermetures… une simple pause pour la barre de céréale et c’est reparti.
Je compte tout son paquetage, il a du en chier pour revenir de Gonnesse avec tout ça.Je lui tape sur l’épaule. « Bon vieux c’est pas tout ça mais qu’est ce que tu vas faire de tes affaires ce soir … parce que je sais pas si tu as percuté mais on part demain soir.
T’habite à Vélizy je crois ? …
Nanard roi la piste ?
16:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





