15.04.2009

Un vent froid soufle sur la zone

simsin3.gifLa nouvelle vient de tomber comme une bombe dans le Landerneau, Simson rejoint la mission pour assurer la qualité des missions…

Maya, la directrice de mission reste figée, les relations se sont dégradées avec le Mastodonte (notre client) et maintenant on lui colle dans les pieds un autre gars à gérer et pas des plus faciles : « Jack toi qui a travaillé avec Simson est ce que tu peux m’en dire plus sur le personnage ? »
Bien sûr.
C’est le 18 mai 1964 que le petit Simson naquit dans la proche banlieue du chef lieu de Campigneulles sur maroins. Ses parents de braves éleveurs de moules se montrent fier de sa venue au monde. Un petit bout de choux qu’ils destinent déjà à une grande carrière dans les building parisiens. On eut dit qu’une fée s’était penchée sur son berceau et qu’elle aurait vomit, mais non je plaisante, enfin elle aurait dit que ce vilain petit canard deviendrait un grand cygne blanc, sauf que cette conne a fait une erreur de frappe et le vilain petit canard est devenu un grand singe blanc. Deux petites lettres qui allèrent changer la vie de milliers de consultants. Affublé d’un beauté, diront nous, atypique, il n’a de cesse de prendre sa revanche sur la vie, il en veut à l’humanité tout entière et ses fautes de frappes.
Dès son jeune age, à la plage, il essuie les ricanements des enfants de son age qui l’appelle d’un air moqueur « pur cotton » du fait de l’étiquette sortant de sa culotte petit bateau. L’école est tout aussi injuste puisque à cette époque, les enfants ne jouaient pas avec lui et lorsqu’il approchait, ils trouvaient drôle de lui jeter des pierres. Cette époques de souvenirs de plages forge le caractère misanthrope de l’animal. Au lycée, se sentant rejeté, ils brûlent ses derniers grains d’humanité dans un combat sans retraite pour son ascension sociale, ce qui le sauve finalement d’une -à n’en pas douter- brillante carrière chez les CRS ou dans l’administration fiscale. Une étonnante carrière chez Johnson, Johnson and Johnson le propulse à des postes de directions. Ils rejoint le gota des décideurs avec un nom sans équivoque : l’équarrisseur.
Il entre chez Nite corp en 2003 avec pour objectif de monter le centre d’opération stratégique, le fameux COS. Mais d’abord, obligation de liquider les seniors afin de renouveler le sang des équipes. Mission réussie. Il écope du nom de Attila. Là ou il passe, la séniorité trépasse. D’aucun diront même qu’il serait à l’origine de l’extinction des dinosaures à la fin du crétacé. En tout cas pour nous c’est bien l’ère du trépassé.

Tu lui tends la main, il te mort jusqu'à l’épaule. Son arme à pourfendre, le processus qualité… Bien des seigneurs se sont battus pour leur liberté de penser, pour leur fantaisie, pour leur créativité, mais pas un n’est revenu vivant, Chapman mort en mission pour l’ASEA, Droopy obliger de s’expatrier pour continuer à vivre. Devezy torturé 8 h durant sur un chapitre d’un appel d’offre avant mourir d’épuisement en franchissant la porte de mon bureau. Je me suis précipité, je l’ai tenu durant ses derniers instants. Il était amaigri, ses doigts avait rétrécit de quelques centimètres à force de taper sur le clavier. Ses mains était deux moignons ensanglantés, il délirait : « me laisse pas john, je veux revenir au pays, me laisse pas là …. » et moi je lui mentait pour le rassurer : « aller ca va aller !!! tu va t’en sortir !! les hélicos vont arriver … aller respires ! ferme pas les yeux !! part pas ! part pas !… »
C’était terrible y avait du sang partout y’avait ses boyos à quelques mètres, on peut dire qu’il avait donné toutes ses tripes, mais ça n’avait pas suffit…
Je raconte ça à Maya, assis devant l’écran en tapant machinalement les slides de synthèses. Je pivote pour voir sa réaction. Elle est entrain de s’éponger la tête avec un kleenex, les yeux exhorbités. Ce n’est pas la fièvre jaune ou celle du samedi soir mais bien l’effroi d’avoir Simson dans son équipe.

09.04.2009

Douce vengeance …..

error.jpgDe retour dans les locaux de la holding, la holding c’est un grand espace ou sont entassés des milliers de cerveaux.
Les consultants du COS sont entassés, période de diète économique oblige, dans une pièce de huit bureaux. Les pièces sont séparées par des cloisons en verre qui nous permettent immédiatement de voir nos managers dans leur bureau.
Me voici donc en inter contrat cherchant de quoi m’occuper pour la matinée…

Je regarde mon téléphone et ouvre le manuel d‘utilisation, alors bouton de droite bouton en haut à gauche, puis avant dernier bouton en bas à droite, et hop le répertoire d’entreprise apparait. Quelques manipulations plus tard, je tombe sur ma messagerie, puis en cherchant à modifier mon code d’accès, je verrouille l’appareil en appel anonyme, débarque alors Simson dans le bureau, qui s’empresse d’embrasser une jeune recruhuheu, et repart en m’ignorant totalement. « Grhhh !! mal poli » ruminais-je… Le voila qui réapparait pour sermonner le pauvre nanard,  en souriant histoire que ca passe mieux. Apparemment, Simson est stressé car il est à la bourre et visiblement il se sent un peu esseulé sur l’affaire. Une aubaine !!!

J’observe le phénomène, apparemment il a besoin d’input de la part de nanard et de Clive. Je l’observe entrain de naviguer entre son bureau et celui de nanard, papillonnant nerveusement.
Tel un lion tapi dans la jungle terrible jungle, à wumbawe-awimbawe, célèbre petit village du kenya, j’attends l’occasion pour sauter sur ma proie. Il rougit Simson, on le sent bouillir, bientôt il sera à point pour agir.
Ca y est il vient de franchir la ligne, il passe a nouveau la tête dans notre bureau et hausse le ton sur bernard qui peine sous la difficulté.
Je prends mon téléphone et compose le numéro de Simson, ca sonne et fait l’effet escompté. Simson lâche nanard pour se précipiter vers son téléphone. Je raccroche.
Simson a juste le temps de lâcher un hallo énervé. Il raccroche et tente de revenir, il passe à peine la porte de son bureau que je viens d’appuyer sur bis. Le voici qui repart vers son téléphone décroche hallote , hesite et raccroche. Je l’observe derrière les vitres avec un air amusé, aller encore un coup mais faut pas abuser…

Le voici à nouveau dans son bureau, dans l’affolement, il n’a pas compris que quelqu’un s’amusait de lui. Le voici qui raccroche en regardant son téléphone et s’apprête à repasser sa porte lorsque cela sonne à nouveau. Ai-je appuyé par inadvertance ? Le temps que je réfléchisse à la question, Simson a porté le téléphone à son oreille, merde je vais me faire griller. J’observe le silence le plus absolu et j’entends Simson qui rouspète au téléphone.
- bon c’est pas fini de me faire courir, tu crois que j'ai que ça à faire …
- silence
- gros silence
- gros gros gros silence
- Bien j’arrive dans ton bureau
Simson vient de se faire le directeur commercial, c’était inespéré. Le voici qui se dirige vers la salle de réunion.

Ca me laisse juste assez de temps pour intervention en mode furtif car très dangereuse.
Coup d’œil à droite coup d’œil à gauche, personne pour me voir entrer dans son bureau. Je mets mes gants pour ne pas laisser d’empreintes et me précipite sur son ordinateur. Ca se présente bien, sa session est ouverte. Je m’empresse en deux secondes de faire un print-écran de son bureau windows, image que je colle immédiatement en fond d’écran et rafle toutes les icons de son bureau que je colle dans un répertoire.
N’étant pas suffisamment satisfait de ce coup de maitre, je change j’intervertis les touches de son clavier. Amstramgram pic et pic et colegram, je change le B par le H puis le L par le T… je joue de subtilités, il ne faut pas changer trop de touches.
Mais ce serai trop simple, je décide de changer le clavier de langue en Anglais, ca va le mener sur une fausse piste.
Je reviens à mon bureau et attends.

Voila le phénomène qui revient. Tiens, il s’acharne sur sa souris, il clique comme un fou furieux. Tape du point sur la table. Cela fait 30 mn qu’il n’est pas venu stresser nanard, on progresse. Il se calme, il a du réussir à ouvrir son document. Il commence à écrire, lorsqu’il entonne une célèbre chanson très connu chez les rappeurs du new hamshire qui viennent de découvrir windows «  eh you know men, thisis a fuck’in bull fuck’in shit, move your fuck’in ass, big asshol men » traduit dans la langue de Molière par « putain mais qu’est ce que ce putain d’ordinateur de merde, putain mais pourquoi moi pourquoi maintenant merde fait chier… »
Visiblement plus en mesure de réfléchir, il vient de réaliser un redémarrage de son ordinateur.
45 mn sans le voir dans notre bureau, on tient un record.

Il reprend sa manipe et clique sur les icons : « tain mais c’est quoi ce bordel, j’ai un virus ou quoi »
Il prend sa tête entre ses mains.
Tout d’un coup, il constate que le clavier est en anglais, je note une lueur d’espoir sur son visage, il se sent soulager si le clique de sa souris ne répond pas sur son bureau et pour cause il clique sur l’image de fond d’écran, il peut au moins maintenant travailler sur son document.
Mais la, il y a quelque chose qui le trouble, il n’arrive pas à comprendre ce qui lui arrive, il pense que c’est un dysfonctionnement de son cerveau, il ne diagnostique pas exactement ce qui se passe.
Une phrase aussi commune que :
 la partie spécifique au périmètre décliné, qui précise ces éléments et apporte:
- une vision sur les enjeux spécifiques au périmètre étudié
- une présentation du SI sur le périmètre étudié.
Devient l’incompréhensible,
 ta parlie spécifique au périmèlre déctiné, qui précise ces étémenls et apporle:
- une vision sur tes enjeux spécifiques au périmèlre éludié
- une présenlalion du SI sur te périmèlre éludié.

Je le vois en crise, autant de fautes dans trois phrases, il va au burn out j’en suis à deux doigts. Dans notre bureau on a battu notre record de tranquillité. 1h 30.
Je le vois qui se lève, on dirait qu’il renonce. Il s’approche de notre bureau et dit qu’il s’absente, qu’il est désolé et qu’il ne mange pas avec nous. J’en profite pour me lever et lui dire bonjour.
« Salut Simson, t’as une petite mine… des problèmes ? »
Il s’éloigne sans rien dire…
C’était quoi le slogan en 98 ah oui, et un et deux et trois zéros … un et deux et trois zéros … un et deux et trois zéros …

y a des journées comme ça