15.07.2009

Brulure passagère

De retour de vacance, j’ai quelque peu anticiper le boulot.
Pour commencer, pas envie de me lever.
Cela fait qu’une semaine que je suis parti et j’ai l’impression que cela fait plusieurs mois que j’ai décroché. Je m’attends à un retour de haute volé dans la grande turne.

Lorsque l’on part en vacances, notre chef qui veut paraître magnanime et humain se réjouit pour vous « espèce de petit vénard » que vous puissiez prendre ces jours de congés malgré le taf débordant qui s’annonce. Il en viendrait presque à vous faire remarquer que c’est une faveur qu’il vous fait, alors que ces jours finalement cela fait 8 mois que j’attends de les prendre et que je pense les avoir plutôt mérité.
Comble, vous forcez l’allure sur les derniers jours pour finir le taf et laisser la place net à vos collègues.
Vous terminez votre journée, il est bien 22h, vous n’avez pas fait votre sac et partez demain matin pour une destination à minima à 4000 bornes de l’enfer du devoir.
Votre boss passe dans les bureaux il est juste 19h30 et s’étonne de vous voir encore ici à cette heure là entrain de vous activer.
Toujours aussi magnanime, il s'hébète qui monte qui monte qui monte et s’approche pour s’enquérir de cette présence tardive dans les bureaux.
« He bien, qu’est ce que tu fais encore là, t’es pas parti ? »
« non j’ai encore deux trois mails à envoyer et vous fais une synthèse des actions à entreprendre sur des choses qui peuvent éventuellement tomber durant mon absence »
« Non mais t’inquiètes, casse-toi, on va gérer… »

On va gérer : me voilà rassuré.
Je peux donc partir et dormir sur mes deux oreilles, chose qui devrait vous inquiéter, notez bien qu’un mec qui dort sur ses deux oreilles doit se faire de sacrés nœuds au cerveau. A moins qu’il ne s’appelle Dimbo et qu’on lui ait agrafé les oreilles derrière la tête.

Me voila donc parti dans la plus totale confiance et de retour une semaine après.
J’ai l’impression d’être sur un quai et de prendre un TGV en marche. Il faut entreprendre un 400 m départ arrêter en moins de 6s et quand tu n’as que tes deux jambes pour courir, la tache semble démesurée. Il me revient cette expression : « partir c’est courir un peu »

Pour ma part j’ai juste eu le temps de chopper la poignée de porte et je ressens une douleur immense à voir mon bras s’étendre pendant que mes jambes restent à quai. Ca sent l’ostéopathe au pistou.

Me voici de nouveau au mastodonte, je lâche une bouffer avant d’ouvrir la porte, mes collègues sont ravis de me retrouver. Ca fait plaisir de se faire accueillir comme ça. Pour donner le change je lâche deux trois anecdotes sur mes vacances, mais ces chacals n’ont même vu que j’avais bronzé.

J’allume mon PC, et attends trois plombs que les mises à jour s’installent, je reboute à nouveau. Lance la messagerie. Mister P, le nouveau directeur de mission a été plutôt prolifique dans l’envoi de mail, 19 mails en 7 jours ; Pas mieux ; Des comptes-rendus sur comptes-rendus, ça sent le gros renvoi après une digestion difficile. Je prends mon téléphone pour appeler Mister P, mais une chose en entraînant une autre les téléphones ne permettent plus d’appeler l’extérieur. Bien je vois que les choses ont progressé durant mon absence.

Quand je vois tous ces échanges, je commence à avoir des frissons quant à l’utilisation du terme « gerer »,
Est-ce que cela veut dire différer à mon retour ?
Est-ce que cela veut dire vraiment gérer ?
Est-ce que cela veut dire prendre des décisions sans tenir compte de mes recommandations ?

C’est un savant dosage de tout ça, différer lorsqu’il faut prendre une décision et prendre un décision lorsqu’il faut différer.
Je comprends mieux pourquoi mes collègues sont contents de me revoir.

Tout ça gratte comme l’érythème.

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