27.07.2009

Rendez-vous en terre inconnue (4/4)

Green%20IT.jpgBref je me recentre sur le projet. 
Je me lance dans l’explication de l’architecture cible issue combien même faut-il le préciser de nos innommables expériences dans ce domaine. Soudainement c’est moi qui me sens isolé. Un seul mot d’ordre il faut découpler les couches et isoler les fonctions. Un découpage dans la verticalité et l’horizontalité, en un mot l’horitoncalité.
Et la ou je me distingue des architectes et urbanistes de tous poils, en dehors du fait que je suis beau, c’est que j’ai été et oui : développeurs sur des progiciels en mode XXP
Quand tu dis ça, tu sais ce que c’est de maintenir et faire évoluer une plate forme depuis des années et répondre à des besoins diver zé variés za une cadence élévé !
Et l’important, c’est un scoop parce que personne n’en parle jamais !!! c’est de savoir gérer l’évolution de manière ultrarapide, i speak uboat time to delivery and time market closet, man !!
Je tire mon modèle de l’industrie, mécanique, quantique, tic tac tic, tac qui rythme la chaîne de distribution, j’organise le travaille en fonction du rythme de la musique.
Je ne suis plus dans une logique horiticale, mais je tire une nouvelle dimension de cette grille pour en faire un cube temphoriticale. C’est euphorique, métaphorique, subsonique.
Le gone d’en face ne capte rien à cette nouvelle grammaire, je m’y attendais.
Enfin, ces images l’éveillent et il se raccroche à mon discours.
- Vous êtes mon psy, enfin quelqu’un à qui je peux parler, quelqu’un qui peut me comprendre, ça fait longtemps que je voulais entendre un discours comme ça.
- Bon alors vous aller me prendre une pilule de prozac soir et matin pendant trois mois sinon je peux faire mieux vous inviter aux réunions de nos équipes sur le sujet
 
Une maison de fou !!!
Je sors de la réunion et je pense être en terre inconnu. Une terre ou les gens ne se parlent plus et dépérissent par manque de nourriture spirituelle.
Nous sommes mandater pour contrôler la cohérence, j’aurais plutôt opté pour améliorer la communication entre les gens et les équipes projets…

 

* parce que je sens que je vais en chier

24.07.2009

Rendez-vous en terre inconnue (3/4)

Rdv.jpgJ’entre dans le box, une petite salle de réunion.

Jean-marc, s’assoit et se relâche. Enfin quand je dis qu’il se relâche, il n’a pas l’inconvenance de lâcher un gros pet, quoique cela ait pu être une façon de me souhaiter bienvenu, je vous répète que je ne connais cet étage. Non en fait son masque qui avait tenu jusqu’ici se terni et tombe pour laisser place à une mine grise et étrangement fatigué.
Je sors mon kit, un lot de slides explicatifs, un stylo, un bloc-note, pas de laptop et un rouleau de PQ*. Ma démarche : les 5Q (cinq questions essentielles), Pourquoi, quand, comment, qui, quoi ? mais à la grande piaule, ça tourne toujours par Qui ? Quoi ? Hun Comment !? Mais pourquoi !?  Surtout n’anticipons pas.

Je lui fais un topo sur l’étude en cours et lui explique combien son travail s’inscrit dans les nouveaux projets, combien son savoir, ses compétences, ses actions sont indispensables pour la réussite de cette évolution que dis-je, suis-je bête, projet, programme hautement stratégique et que son nom sera sanctifié devant l’éternel sinon gravé dans les mémoires comme l’homme dont le courage, l’intégrité et la vivacité d’esprit n’auront pas été vains.

Vous avez compris, je le ravive de ses cendres le faux con, pour bien faire, il aurait fallu que les donzelles de son bureau lui fasse une petite bistouille, mais elles sont trop fières pour faire le sal boulot alors n’étant moi-même pas disposé, bien qu’étant consultant et prêt à mourir pour la patrie, j’emploi la psychologie.

« Je suis trop content qu’enfin quelqu’un me comprenne… » dit-il
hola j’ai cru qu’il allait me prendre la main et s’effondrer.
Dans un réflexe, j’ai pivoté mon bras pour chopper mon stylo et éviter tout incident. Le pauvre gars se sent trop isolé, il travaille dans une équipe qui n’en a cure de ses problèmes d’architectures et de technologies. Il suffirait juste qu’il sorte de temps en temps de sa tour pour trouver des gens qui ont ses préoccupations.
Mais voilà, tout l’étage est occupé par des amazones, qui pensent segmentation makerting et lui adresse la parole que pour se plaindre du système d’informations qui ne marche pas.
Il aimerait bien pouvoir parler bagnole, foot mais on lui répond enfant, décoration, menstruation. Ne comptez pas sur moi pour l’aider le tonton, j’ai déjà une bande de neurasthéniques 5 étages en dessous.

 

20.07.2009

Rendez-vous en terre inconnue (2/4)

artwork_images_424007062_480999_cai-guo-qiang.jpg27,28,29 iéme étage. L’ascenseur ralentit. Je balance la tête de gauche à droite pour éliminer les petites tensions musculaires et fais quelques mouvements des bras pour me détendre. Je branle mes mains. Plus que quelques dixièmes de secondes et la porte va s’ouvrir. Je souffle.
« Bienvenu chez les Mongoles » je songeais en repensant à ce rendez-vous en terre inconnue avec Bruno Solo.
La porte s’ouvre, une grande lumière brillante apparaît, « ALELOUYA », Dieu me parle-t-il ? Etait-ce l’ascenseur pour l’échafaud ou le paradis ? Tu veux de l’eau chaude ou du pastis ? 
La Guenaude ou Tifany ? SOA ou EAI ? Tu sors !!!
Apres un black out d’une demi-seconde du à la perte totale de mes repères, je reprends le pas sur la réalité et franchit les portes.
Jean-Marc m’accueille dans le SAS du deuxième endroit tenu le plus secret de la tour : la MOA marketing. La décoration change du tech. Les murs ont perdu leur couleur grise pour laisser place à du marbre. Une peinture ultra-contemporaine, fait face à l’ascenseur du milieu. Une reproduction de Cai Guo-Qiang intitulée l’ombre avec le drapeau noir. C’est juste une reproduction, ça aurait été culotté qu’ils se payent l’original, car l’artiste est un des artistes chinois les plus quotés du moment.
Tu n’imagines pas deux secondes que je vais te décrire ce tableau. Bon ok.

Sommairement, c’est un tableau fait au moyen d’un dispositif pyrotechnique en l’occurrence de la poudre, qui dessine une forme humaine sous une traînée. Je ne vous baratinerai pas en vous disant que cette toile symbolise un double rapport, l’un entre l’humanité et le cosmos ce qui le rend fragile, le second entre l’humanité et la guerre ce qui aboutit à une sourde angoisse qui transparaît dans les toiles, cette dernière mise en valeur par un jeu de lumière inquiétant. D’ou cette question faut il passer par la purification (la guerre) pour atteindre l’au delà (le cosmos).

Pour la grande piaule, le rapport de l’Homme à l’Ohm. CQFD

Je suis Jean-Marc dans les couloirs pour arriver à la salle de réunion.Je comprends pourquoi l’endroit est tenu secret, il s’agit d’un véritable poulailler et Jean Marc en est peut être le seul Coq. J’enchaîne les bonjours ultrabright jusqu'à la salle de réunion.

Rendez-vous en terre inconnue (1/4)

Cstar.jpgAlways look on the bright side of life…
Cette nuit j’ai très mal dormi, mais je me réveille avec une pêche d’enfer. Je me sens tout guilleret, j’en arriverai même à faire le tour du marché pour serrer les paluches : « Bonjour.. bonjourbonjour, bonjour, ça va Marise ?, alors on a toujours pas attrapé la grippe porcine, faite attention avec votre poids… »

Je prends mon café devant la télé. Vautré dans mon canapé, j’ai étalé mes pieds en éventail sur ma table basse, mon expresso dans la main.
Entre mes doigts de pieds que je tente d’étirer à l’extrême, j’aperçois - même si mon écran ne l’est plus- les images cathodiques : « nouveau crash d’avion, des otages, des rebelles, Honduras, Nigeria, Somalie, des putschs, des pitchs, des patchs.. » Le quarantième anniversaire d’alunissage d’Amstrong et de ses coéquipiers. « Un petit pas pour l’homme un grand pas pour l’humanité ».
Je pense à la grande turne, lorsque j’avais préconisé d’utiliser des services web déjà existants. Grand moment historique, dans la salle de réunion, une lueur s’élève au son de Also sprach Zarathustra, les pilotes, chef de projets venait de faire entrer un nouveau concept dans leur dictionnaire :  « MUTUALISATION ». Ils se sont levés et se sont cons gras tuler comme Thales dans sa baignoire, c’était beau.
Pour moi, un petit pas, une cabriole mais un bond de géant pour le mastodonte.

Sur ces entre-jambes, je file à la salle de bain me faire animal de cirque pour épater la galerie.
Dernier poil, dernier point noir ne résistent pas à mon savoir-faire sadique qui s’applique.
Néanmoins, l’avulsion d’un follicule pileux du blase (et on dit que je n’ai aucune culture) m’extrait tout de même une petite larme.

Dressing.
J’opte pour un boxer bien confortable en coton noir, des chaussettes noires, toujours noires ou sombres, on ne prend pas de risque, chemise ivoire, costard marron liseré bleu et cravate ou pas cravate : pas cravate, il fait une chaleur d’enfer.

D’humeur joyeuse, je me motive pour la journée assassine qui se présente : « Always look on the bright side of life » sifflotais-je en assurant un double loop renversé piqué et triple axel dans le 8 m2 de ma salle de bain. C’est pas fortish ça ?

Pourquoi suis-je de si bonne, bonne humeur ce matin y a des matins comme ça, c’est qu’après 5mois de mission au mastodonte, je vais pouvoir rencontrer enfin et pour la première fois un chef de projet d’une des DSI de marché auquel nous n’avions pas accès. Un tel évènement ça se fête.

18.06.2009

Lucien le retour

Tain non, Mike qui sort de la mission et Lucien qui vient en renfort.
Déjà que je bataille pour organiser les rendez-vous, il va falloir que je bataille pour me faire comprendre.
Je vais inventer une méthode à la Pavlov. Une mauvaise réponse : une tarte dans la tête.
« Bon Lucien, puisque tu vas travailler avec les équipes de CRM si tu en as l’occasion est ce que tu peux me ramener le modèle conceptuel du client. »
« non mais je l’ai déjà fait, lors de la dernière étude lorsque je travaillais sur les EAI, je vais te les envoyer, il y a tout ce qu’il faut »
J’ouvre le mail qu’il m’a envoyé et comme vous pouvez vous en douter, il n’a pas répondu à la question posée. J’intériorise.
Je prends une grande respiration, histoire de faire disparaître les petites tensions qui partent du haut de mon épaule jusqu’au bout de mes doigts que j’ai délicatement repliés sur mon stylo qui peine à retrouver une forme rectiligne. J’ai du le confondre avec les os de Lucien. Ce soupir c’est juste un petit moment de libération qui fait que Lucien pourra se relever quand je lui aurais collé la première baffe car en effet le modèle fournit sont ceux des pivots utilisés dans les flux ou la notion même de client n’apparaît pas.
« Lucien, approche… Bla» Lucien se tient maintenant la joue. Pauvre bonhomme il est tout rouge.
« Bon Lucien, je souhaiterai récupérer le modèle conceptuel du client sur le CRM c’est possible ? »
« non mais attend » bla « mais » bla. J’ai distribué tellement de tartes que j’aurais pu me reconvertir dans la pâtisserie.
« ok je demanderais.
Ben voilà, la réponse que j’attendais … Bon maintenant, si tu permets, je vais voir si tu as compris le principe. La parti SVI tu l’accoles sur l’ESB du front office ou du back office : réfléchit bien !!! »

04.05.2009

Mic mac chez les Macs (suite)

Je continue sur ma lancée, au point ou j’en suis plus rien ne m’arrête, j’expérimente et ment en expert… Mon but, engranger les points et gagner le pipo d’or. Je sors de mon placard ma fabrique à pipo… pour ça j’ai un secret : lire tous les soirs les tribunes des acteurs du Hitec dans journal du net…
Une règle : créer le plus grand impact avec des mots sans la moindre valeur et dénuer de sens dans le contexte. Voici un florilège

…Convergence…alignement des infrastructures… alignement stratégiques…top down…novateur…agilité, processus métier, services, xtreme programing, scrum, il ne sais pas ce que c’est, j’aurais du tenter scrutum, xtrem processing, business analyses, écosystème, valeur ajoutée, time to market, exigence, complexité, mashup, contributions, virtualisations, criticité, étapes clés, multi canal, maîtrise, enjeux, patterns, structurel, conjoncturel, cycle de vie, alternatives, dualités, best of breed…contraintes externes, roadmap, synchronisation dynamique, volontaristes, référentiels entreprises, anticiper, vision traditionnel, gouvernance, politique d’urbanisation, architecture, adresser, transversal, itératives, avantage concurrentiel, démarche partenarial, un atout au service du métier… et mon préféré du moment granularité.

et tout son lots d’acronymes, TCO, ROI, TEI, BPM, SOA, SAAS, ASP, XP DTFPC, RIA…

Je fais le compte d’une heure de pipotage, je ne suis pas loin d’atteindre les 53 000 points, de mémoire mon record personnel.

Mais l’impact est d’autant plus grand qu’il est nécessaire d’insérer des termes à contre courant… celui que je préfère dans le monde du conseil est « sensoriel », c’est comme au scrabble, le mot compte triple.
Ami lecteur essaye de placer ce terme dans une discussion hitec… tu ébranles les consciences, tu ouvres les voies du paranormal.

Enfin cela fait deux heures en tout que je compte les points il est temps de conclure.
Aline reprend la main pour opérer les échanges de courtoisies habituels de fin d’entretiens qui s’achève toujours par « Je vous recontactes dès demain matin… Au revoir »

Je me suis éclaté pendant deux heures. A la sortie du building je choppe Aline par le bras, histoire de la mettre au parfum. Maintenant que j’ai fait le pitre, je me dois de clarifier les choses.
« Aline… » bafouillais-je, mais que m’arrive-t-il ? Serais ce le souffle chaud de l’été indien qui s’engouffre dans les rues parisiennes qui me font vaciller ainsi !
« Aline… » reprenais-je. Elle me regarde avec ses grands yeux étonnés.
« Il faut que je vous dise… », composais-je sur le ton dramatique haut en couleur entre de Sissi impératrice et ouioui construit une fusée pour potiron.
« oui… » émet-t-elle du bout de ses lèvres fort pertinemment.
« Je ne suis pas celui que vous croyez » bien! Belle entrée en matière, avec ça si je ne gagne pas dans la catégorie du meilleur acteur dramatique de l’année.
« je… je ne suis pas consultant, mais éleveur de bulots dans la mer Adriatique » ça y’est je lui ai jeté la vérité en plein face, elle l’a pris comme une gifle.
« Vous! éleveur de bulots ! Moi qui vous faisait confiance, moi qui vous ai tout donné, jusqu'à ma virginité !! » Madame est entrain de jouer la scène du quatre, le chant des sirènes. Je me méfie, à écouter leur voie enchanteresse, certains se sont retrouvés coincés derrière un bureau dans l’administration à faire de la TMA ou de la supervision d’applications.
«Oui, je suis éleveur de bulots ne vous en déplaise et c’est pour ces raisons que je ne puis donc accepter ce travail… » soldais-je la conversation en détournant le regard.

Fin de l'acte, applaudissements.

Le lendemain, j’essaye d’appeler à l’aube Djeul pour le tenir au courant de mes exploits de la veille. Mais il est totalement injoignable, je réessaye plusieurs fois, mais en vain.

15.04.2009

Un vent froid soufle sur la zone

simsin3.gifLa nouvelle vient de tomber comme une bombe dans le Landerneau, Simson rejoint la mission pour assurer la qualité des missions…

Maya, la directrice de mission reste figée, les relations se sont dégradées avec le Mastodonte (notre client) et maintenant on lui colle dans les pieds un autre gars à gérer et pas des plus faciles : « Jack toi qui a travaillé avec Simson est ce que tu peux m’en dire plus sur le personnage ? »
Bien sûr.
C’est le 18 mai 1964 que le petit Simson naquit dans la proche banlieue du chef lieu de Campigneulles sur maroins. Ses parents de braves éleveurs de moules se montrent fier de sa venue au monde. Un petit bout de choux qu’ils destinent déjà à une grande carrière dans les building parisiens. On eut dit qu’une fée s’était penchée sur son berceau et qu’elle aurait vomit, mais non je plaisante, enfin elle aurait dit que ce vilain petit canard deviendrait un grand cygne blanc, sauf que cette conne a fait une erreur de frappe et le vilain petit canard est devenu un grand singe blanc. Deux petites lettres qui allèrent changer la vie de milliers de consultants. Affublé d’un beauté, diront nous, atypique, il n’a de cesse de prendre sa revanche sur la vie, il en veut à l’humanité tout entière et ses fautes de frappes.
Dès son jeune age, à la plage, il essuie les ricanements des enfants de son age qui l’appelle d’un air moqueur « pur cotton » du fait de l’étiquette sortant de sa culotte petit bateau. L’école est tout aussi injuste puisque à cette époque, les enfants ne jouaient pas avec lui et lorsqu’il approchait, ils trouvaient drôle de lui jeter des pierres. Cette époques de souvenirs de plages forge le caractère misanthrope de l’animal. Au lycée, se sentant rejeté, ils brûlent ses derniers grains d’humanité dans un combat sans retraite pour son ascension sociale, ce qui le sauve finalement d’une -à n’en pas douter- brillante carrière chez les CRS ou dans l’administration fiscale. Une étonnante carrière chez Johnson, Johnson and Johnson le propulse à des postes de directions. Ils rejoint le gota des décideurs avec un nom sans équivoque : l’équarrisseur.
Il entre chez Nite corp en 2003 avec pour objectif de monter le centre d’opération stratégique, le fameux COS. Mais d’abord, obligation de liquider les seniors afin de renouveler le sang des équipes. Mission réussie. Il écope du nom de Attila. Là ou il passe, la séniorité trépasse. D’aucun diront même qu’il serait à l’origine de l’extinction des dinosaures à la fin du crétacé. En tout cas pour nous c’est bien l’ère du trépassé.

Tu lui tends la main, il te mort jusqu'à l’épaule. Son arme à pourfendre, le processus qualité… Bien des seigneurs se sont battus pour leur liberté de penser, pour leur fantaisie, pour leur créativité, mais pas un n’est revenu vivant, Chapman mort en mission pour l’ASEA, Droopy obliger de s’expatrier pour continuer à vivre. Devezy torturé 8 h durant sur un chapitre d’un appel d’offre avant mourir d’épuisement en franchissant la porte de mon bureau. Je me suis précipité, je l’ai tenu durant ses derniers instants. Il était amaigri, ses doigts avait rétrécit de quelques centimètres à force de taper sur le clavier. Ses mains était deux moignons ensanglantés, il délirait : « me laisse pas john, je veux revenir au pays, me laisse pas là …. » et moi je lui mentait pour le rassurer : « aller ca va aller !!! tu va t’en sortir !! les hélicos vont arriver … aller respires ! ferme pas les yeux !! part pas ! part pas !… »
C’était terrible y avait du sang partout y’avait ses boyos à quelques mètres, on peut dire qu’il avait donné toutes ses tripes, mais ça n’avait pas suffit…
Je raconte ça à Maya, assis devant l’écran en tapant machinalement les slides de synthèses. Je pivote pour voir sa réaction. Elle est entrain de s’éponger la tête avec un kleenex, les yeux exhorbités. Ce n’est pas la fièvre jaune ou celle du samedi soir mais bien l’effroi d’avoir Simson dans son équipe.

20.03.2009

Cancans de couloir

J’entend une voie dissonante au fond du couloir. Je me dis aussitôt que les cloisons en verre ne vont pas résister. J’ai le tympans qui rougit sous les vibrations du son strident. C’est évident on égorge un cochon ou bien est ce un canard que l’on tente de déplumer. Mais les boss n’auraient jamais autoriser que l’on fasse des couloirs une basse cours… ça jase, ça free jazz mais surtout ça trompette.
La symphonie s’arrête enfin. Au détour d’un bureau, je croise Z51 dans les couloirs : « Gnark gnark gnarkk » … je vois enfin la cause de tout ce vacarme…
« Gnark gnark gnarkk »  que je traduit immédiatement par :
- tiens Jack comment ça va ?
- « ben ça va…
- ça se passe bien ta mission ?
- oui ça se passe bien, ça me plait bien d’ailleurs, l’équipe est sympa, les problématiques intéressantes à traiter ..
- Ah ben tu vois c’est la première fois que je t’entend dire des choses positives…
- Oui enfin ! je te dis ça parce que je suis sous Prozac …

12.02.2009

Haute tension sur l’ESB

Le couperet vient de tomber, si la solution n’est pas trouvée Nite Corp se tapera des pénalités de retard.

Ca fait mal. Surtout que le consultant en charge du développement sort de son stage de fin d’étude. Le problème est complexe. Le client depuis 6 mois se plaint de dysfonctionnements, de ralentissements inopinés, de temps de réponse dégradés. Rien de nouveau, sauf que là le client en a marre, marre, marre a-t-il dit trois fois au téléphone. « Miss Ségolene a tapé des point sur la table : j’ai été voir les utilisateurs, on en a marre !! » Donc tout le monde est sur le pont, seniors, les juniors, les cadors, chacun a enfilé son casque et s’apprête à éteindre l’incendie.
Demain c’est la grande installation, on a pas droit au raté, sinon il va pleuvoir des claques. Le développeur a déjà prévu la biaphine et prépare son évacuation par hélico chez les grands brûlés.
L’ESB l’entreprise service bus, un autre gros mot du monde IT, fait des siennes ou plutôt est ce l’environnement qui joue des siennes depuis 17 heures, tous les warning sont au rouge. La mémoire et la CPU plafonne à 100% et donne des temps de réponse de 15 secondes, pour seulement une 50 aines de connexions par seconde alors qu’il doit fonctionné à plein pour 5000 connexions par secondes et répondre en 2 secondes max. 
On est loin du résultat et vu le comportement des serveurs, cela parait sans espoir. En plus l’éditeur est injoignable. Forcement, on commence les tests de charge la veille de la livraison et il est déjà 17h30, il ne faudra pas compté sur lui.
Allo Houston on a un problème, c’est un peu l’ambiance qui régnait dans le bureau avec tous les spécialistes de la boite réunis, pour résoudre le problème, chacun derrière ses pupitres de contrôles.

Chaque tentative, chaque réglage se solde par un échec. Pis suite à un réglage de dernière minute plus rien ne fonctionne. C’est le gros coup de sueur et il est 2h15 du matin. La fatigue n’aide pas à la réflexion, malgré les appels au calme.
Le patron se tient lui-même informé de l’évolution et appelle régulièrement pour faire un point. Il s’est réunit avec une cellule de crise comportant le middle manager, le juriste et le commerciale pour monter un plan B et trouver une sortie de secours.
4h du mat toujours aucune solution de trouver. De toute façon à moins d’un miracle, tous les cerveaux sont en rades, il sont carburés pendant 8 heures non stop et commencent a donner des signes de fatigue.

Un dernier coup de fils du big boss, Clive réceptionne le coup de fils… « chut c’est le boss… je met le haut parleur »
« Bon et bien bonjour à tous… » bien vu, il est déjà 5h30. Une grande respiration, le silence est à son comble dans la sale, les indicateurs toujours au rouge.
« Mes chers compatriotes, » Il a fait mouche, tout le monde dans la salle a redressé la poitrine tel un soldat.
« Cette nuit s’achève. Elle a été rude.
C’est la raison pour laquelle je veux penser d’abord à ceux que la vie a durement éprouvés, à ceux qui vont perdre leur emploi sans y être pour quoi que ce soit, à ceux qui sont victimes d’injustice. Les difficultés, mes chers compatriotes, nous avons les moyens de les affronter. Cette crise est une épreuve. Elle est aussi un défi. Ce défi là, je veux le relever avec vous. Vous pouvez compter sur moi. Nous avons des atouts considérables. Il y a dans nite corp assez d’énergie, d’intelligence et de courage pour que nous ayons ensemble confiance dans l’avenir. Nous allons sortir renforcés de cette crise.

Demain, nous irons ensemble au front, livré ce produit quoi qu’il en coûte

Vive la République,
vive la France
Vive Nite corp. »
Standing ovation dans la salle, clive en pleur presque d’émotion, j’ai la sensation moi même d’avoir vécu un grand moment de l’histoire.

Sur ce tous le monde range ses affaires et file chez lui pour dormir quelques heures avant de se pointer à 8h30 chez le client.

11.02.2009

Perdu dans l'espace

Je bosse actuellement sur une mission de datatracking, ça y est vous vous dites encore un gros mot. Il n’y a que quelques spécialistes en France à connaître ces méthodes dont votre serviteur. Je ne vais pas vous décrire la méthode, relativement complexe mais dans ce cadre là, nous passons par une description des flux informationnels entre les applications et les organisations. La première étape consiste à s’assurer que les informations entre nos mains sont fiables et d’actualité. Nous nous dépêchons de prendre contact avec les différents interlocuteurs de chacune des applications concernées par l’étude dont monsieur Jean-Louis.
Premier contact, je sort la cartographie de flux et m’adresse au responsable MOA de l’application, la personne étant désignée comme la plus à même de nous donner des réponses.
Les discussions vont bon train, puis je lui désigne un flux qui parait le surprendre. Il fronce les sourcils : « qu’est ce c’est que ça ? »
« Le mot flux (du latin 'fluxus', écoulement) désigne en général un ensemble d'éléments d’informations de données évoluant dans un sens commun. Un flux peut donc être entendu comme un déplacement  caractérisé par une origine, une destination et un trajet. » précisais-je ironiquement en remerciant wikipédia.
« non mais ce flux, il existe plus… ou du moins on s’en sert pas »
« si ce flux existe, il est encore en exploitation, nous avons eu l’information hier après midi auprès des équipes » insistais-je.
Jean-Louis prend son téléphone et appelle l’exploitation pour confirmer ses dires : «  Moui, halo, Jean-Louis au téléphone pourrais parler à Jean-Etienne… il est absent… bon et bien passez moi Jean-luc …
[oui dans cette boite, leur prénom commencent tous par Jean]
Oui halo Jean-Luc, je souhaiterais avoir confirmation d’une infos, le flux F320 concernant le CRM et le modèle mathématique n’est plus en exploitation… »
Jean-luc : « Si il est en exploitation, d’ailleurs comme le traitement pour la création du flux prenait trop de temps nous avons du racheter des serveurs , cette Jean-Charles a été appelé à 3h pour rebooter les serveurs et que le flux parte dans votre application en temps et en heure. Cette année on a investit 150 000 Euros pour modifier les infra et maintenir le flux … pourquoi cette question ? »
Je vois Jean-Etienne serré le haut de son nez entre le deux doigts et fermer les yeux pour reprendre sa respiration.

Puis il ajoute : « Ca fait deux ans qu’on a signalé que l’on avait plus besoin de ce flux… »
J’ai envie de me lever et de mettre ma main sur son épaule par compassion : «  ça va aller … », mais un rire intérieur m’en empêche, va savoir pourquoi.

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