24.12.2008
Publication a double détente ou comment faire péter des fusibles !!!
Bon je vous avais dit que je travaillais pour un grand compte de l’énergie, non ? eh bien c’est fait. Je vous avais dit que l’équipe était sympathique, oui ? Bon.
Notre équipe est composé trois personnes dont votre auteur favori. Un chef de projet, un urbaniste chargé de monter le référentiel SI, et moi même chargé de monter des études et de donner mon avis. Chaque année l’équipe doit monter un point appelé diagnostique qui ressemble à un instantané du système d’information. Ce document comme certain autre sur lequel je reviendrais sont des exercices de communications de haute voltige et on est jamais trop de deux pour réussir l’exercice. L’équipe de rédacteurs est donc composé de deux consultants qui vont mener une course contre la montre un peu à l’image de cyclistes sur piste.
Un premier (mikey) se lance dans la course en tête, l’autre suit derrière en prenant l’aspiration et en attendant de surgir pour franchir la ligne en tête. Eh bien l’exercice est le même pour la rédaction de ce type de doc.
Le client se pointe, « Messieurs, faite moi un diagnostique du SI » traduisez «
- Bonjour, je voudrais une cuisine pour prendre un bain …
- une usine à gaz, alors ?
- non une braque à frite
- oh ok très bien, nous disons donc un side-car
- voilà c’est ça, une cafetière électrique.
- Plutôt bleu ou à point le rumsteck ?
- En bois avec des gravures de mode
Après l’expression des besoins plus que précise vous l'aurez constaté, nous nous lançons dans l'élaboration du document. Le principe voudrait que celui qui a les nerfs les plus solides rédige le dit document et donc en général il devrait s'agir du plus expérimenté. Sauf que dans certain cas le plus expérimenté est un vieux filou et se dit que le moment est venu de déléguer et de passer la main au jeune consultant. Histoire de tanner le cuir de ce débutant. Pourquoi les nerfs solide, parce que rien n’use plus les nerfs que de recommencer quinze milles fois son taf. Donc voici le coureur de tête qui s’exécute, 5 jours pour monter le dossier c’est super court. Mais à raison de 15 heures par jours on surmonte aisément le manque de temps. La course continue jusqu'à la première version draft présentée pour validation.
Là, c’est le déluge, rien de ne va. Dans un premier temps la forme ne convient pas et rend incompréhensible le fond. Le client ne s’attend pas à ce qui est présenté, il aurait plutôt vu ca autrement. De retour dans le bureau, on prend en compte en un temps record les nouvelles demandes. Le diagnostic est retravaillé pour reprendre la structure attendue. Autre réunion de travail, le client comprend maintenant le document et sort dans un soupire : « bon ca va pas du tout »
Le message véhiculé n’est pas le bon.
C’est à ce moment là que le deuxième intervient. Il est là pour couvrir la mission. Le premier vient de se cramer, le deuxième est la pour rattraper le coup en abondant dans le sens du client : « Vous avez tout à fait raison d’ailleurs je vous propose que nous définissions ces aspects au plus tôt lors du prochain diagnostic». On vient de comprendre ce que veut le client. Mikey est à bout de nerf et n’est plus vraiment à l’écoute des réclamations en effet il vient de faire quelques nuits blanches pour rien et ça l’exaspère, il est en surchauffe et tente de défendre l’indéfendable document. J’interviens pour faire des propositions sur le document tout en tentant de botter en touche pour la prochaine fois. Le client aime ces idées et me voila en odeur de sainteté. C’est parfaitement ignoble car Mikey s’est tapé le plus dur, mais il faut revoir en profondeur le document et il ne reste plus de temps.
A la sortie de la réunion, Mikey l’a vraiment mauvaise et me trouve gonfler d’avoir eu la part belle.
Je le regarde emphatiquement, la main sur l’épaule et dit :
« Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Tu seras un homme mon fils »
J’ai failli prendre un claque dans la gueule. C’est fou les conneries que peuvent raconter les poètes. Ah la beauté intérieur, la grandeur d’âme tout ce qui fait que la plupart d’entre nous se font piétiner.
Le document final ne ressemble à rien car nous n’avons pas eu le temps de le refaire dans son ensemble. Il est totalement décousu et ne fait pas ressortir d’idées maitresses, je le juge même pire qu’avant. C’est un peu comme si nous avions voulu rentrer un carré dans un cercle.
Pour en terminer avec cette histoire, l’équipe a survécu grâce à cette mystification. Le client m’écoute comme si j’avais autorité sur la question, alors que nous aurions inversé les rôles, je n’aurais pas fait mieux que mon collègue.
C’est aussi ca l’esprit d’équipe : savoir se sacrifier pour la cause.
14:49 Publié dans le kit du consultant | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.12.2007
Invariant avarié
Elle arrive, elle arrive la bombe, elle arriveuh ta tombe !!!
Je le crois pas … je pensait pouvoir y échapper mais non !!!
Raahhh, y a des armoires normandes qui se perdent…
Ami lecteur, tu perds patience ?
Il y a des invariants dans les relations entre clients et prestataires, c’est qu’outre le fait que certain nous prennent vraiment pour des chiens, ils ont la fâcheuse habitude de se débarrasser, non ! de vous abandonner leur problème ceci à la dernière minute.
Je vais vous illustrer mon propos par quelque exemple :
Nite corp travaille pour une grande entreprise que nous allons appeler pour l’occasion La Fosse septique, tant pour la couleur de leur Template que pour l’ambiance nauséabonde qui y règne (bon j’exagère un peu là). J’ai un collègue (jésus) qui travaille sur la mise en place de plan type de dossier d’architecture. Ce plan type qui avait été validé depuis quelques jours sert à la constitution de deux dossiers d’architecture présentés le jeudi.
La veille, nous assistons les deux responsables respectifs à la rédaction des dossiers.
C’est alors que nous nous apercevons, qu’un des bras cassés (le gauche) , pardon responsables, n’a pas compris ce qu’il fallait mettre dans un chapitre « Etude d’impact » il a compris « Analyse de l’existant », merde alors, je ne parle pas français. Du coup, nous faisons preuve d’une souplesse extrême et nous plions à son imbécilité en rajoutant un chapitre « analyse de l’existant ».
Cette décision est prise en réunion à 15h, l’autre responsable demande alors à Jésus que le nouveau plan type lui soit envoyé.
Suite à cette réunion, Jésus accompagne à la rédaction le bras gauche, afin que celui-ci termine dans les temps le dossier d’architecture pour le lendemain.
Le temps passe… Coup de fils de l’autre bras cassé (le droit) à 17h30,
« oui, Jésus, j’attendais ton plan type, je ne l’est pas reçu, je t’envoi le dossier d’architecture, c’est à faire pour demain !!!!, moi j’ai pas le temps je doit rentrer chez moi »
Jesus reçoit le dossier par mail … il est effaré voir vert de rage, le dossier est vide, en fait le responsable n’a rien fait et rejette la responsabilité sur mon collègue sous le prétexte qu’il n’a pas reçu le nouveau plan alors qu’il savait pertinemment ce qu’il fallait rajouter dedans, puisqu’il l’avait valider en réunion.
Jésus en a eu pour ses frais jusqu'à deux heures du mat pour constituer le dossier, et bien sur sans l’aide des acteurs du projet et pour cause à 17h30 ils font déjà des heures sup.
Autres cas, à l’époque où je travaillais pour TecnoCrotte. Fabuleux ! J’étais en correspondance avec un client qui devait clore ses comptes, donc grosse pression chez lui. Le vendredi après midi, le client (Carole) s’aperçoit qui lui manque des données et qu’il faut les importer d’un SI en aval. Bref coup de fils à jack (votre serviteur) : « J’aurais besoin que vous basculiez les données de la année N-1 en N avec la création de nouveau décompte, il faut que ce soit fait pour ce soir au plus tard lundi matin ».
Ok pas de problème tu veux vraiment me bousiller la soirée, mais suis-je bête elle me laisse jusqu'à Lundi matin, elle est vraiment trop généreuse.
Bref, c’est carrément mission impossible, car je sais très bien qu’il y’aura des validations multiples et qu’elle ne pourra pas toutes les réaliser jusqu'à ce soir. Bon, j’étudie néanmoins le problème et je m’aperçois à 15h30 qu’il y a plein de clauses à prendre en compte et de règles de calculs à préciser. Je m’empresse de téléphoner à la comptable. Une sonnerie, deux trois quatre, cinq, six… rzzzzz… on décroche…
- Allo pourrais parler à Carole BIP c’est urgent !
- elle est partie
- (moi, ayant pas trop percuté) ok mais à quelle heure elle sera de retour ?
- non mais là, elle est partie en WE.
- (moi, impertinent) cela m’étonne, je l’ai eu il y a à peine une heure et elle avait quelque chose de très urgent à terminer pour ce soir ! Elle n’aurait pas osé me planter comme ça, j’ai annulé une réunion importante pour m’occuper de son problème. (ca culpabilise, j’adore), j’ai même annulé mon WE je devais partir à Troy avec ma femme, voir ma grand-mère, elle n’a pas vu ses petits fils depuis une éternité et elle est entrain de vivre ses dernier instants. Quand je l’appellerai pour lui dire que le décompte de madame Bip est plus important qu’elle … je n’ose vous dire… imaginez ses yeux larmoyants en raccrochant le téléphone. Ses yeux plongés dans le recoin peu éclairé de la chambre médicalisé froide et silencieuse, ce coin noir qui s’agrandit au fur et à mesure que la lumière hivernal qui comme ses vieux jours décline (sanglotais-je)…
- Bipbipbip…
Mais, un gars d'experience sait retourner la situation. Bref, après avoir bien culpabilisé le client, je m’empresse d’envoyer un mail assassin mais politiquement correct. En copie son responsable.
Carole,
J’ai cherché à vous contacter par téléphone mais en vain.
Voici la liste de questions dont la réponse m’est indispensable pour opérer la bascule sur les nouveaux décomptes…
Question 1 …
…
Question x..
J’insiste sur l’urgence de ma demande car sans ces éléments, il m’est impossible (j’en rajoute un couche) de réaliser cette opération.
Cordialement
Enfin, de chez moi vers 20h30 par Outlook Web Access.
Carole
Je reviens vers vous afin de ….
Cordialement
Samedi 2h du mat
Carole ?
Cordialement
.....Retour croisé et balle de match
15:54 Publié dans le kit du consultant | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.07.2007
Manager, manager au foyer
merci vicnent pour ces infos: Manager en Actions
Bouquin sympa, rapide de lecture, utilisable immédiatement, tiens voila je le met dans mes E-book.
j'en rigole encore...
13:44 Publié dans le kit du consultant | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





